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| | Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] | |
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| Auteur | Message |
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Rukia Namikaze Admin

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 | Sujet: Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] Jeu 9 Sep - 20:40 | |
| Le regard sur le bâtiment, les mains dans les poches, la jeune fille semble hésiter à entrer. De la lucarne à la porte, des fenêtres au jardin, tout est calculé. Le simple passant aime alors à imaginer que cette jeune femme ne fait qu’attendre, avec une appréhension mal contenue, l’arrivée du tendre amant. Bien entendu, là était toute l’illusion ; ce n’était pas la peur de passer la porte qui retenait la jeune fille, mais bel et bien son sous-vêtement mal placé qui l’empêchait de se mouvoir normalement. Ainsi, les passants, plutôt que d’analyser ses mouvements, levaient le visage sur la jolie maison mitoyenne à l’hôpital et oubliaient momentanément la jeune fille. Alors, elle en profitait pour passer discrètement ses mains derrière son dos et tenter vainement de remettre en place ce fatiguant petit morceau de tissu. Elle jette un coup d’œil à droite, puis à gauche. Alors que cette technique avait fonctionné jusqu’ici avec tous les passants, un semblait résister. Cet homme d’une soixantaine d’année restait figé sur son image et ne voulait en rien détourner le regard ; il était minuscule et la jeune fille ne put s’empêcher de faire la comparaison avec une grenouille aux airs de Leprechaun. Elle détourne son regard ; intérieurement elle grommelle. Si son père était encore là, il lui aurait foutu un sacré coup de pieds au cul, à ce pervers. Malheureusement s’il était encore là, beaucoup de choses se seraient passées différemment. Elle soupire et tente un nouveau regard vers l’importun. Elle fronce les sourcils ; le vieillard avait disparu. Elle esquisse un mince sourire : elle pouvait enfin s’occuper de ses affaires. Elle déplace doucement ses mains vers ses fesses quand, une petite voix venant du sol, la fait stopper tous mouvements. Elle abaisse le regard et voit cette misérable petite créature lui demander d’être sa cavalière. Mais qu’est-ce qu’ils avaient tous ? Y-avait-il gravé sur son front qu’elle acceptait n’importe qui ?
Elle prend son air désolé et refuse. Gaï lui avait déjà proposé cette alternative quelques jours auparavant ; elle avait refusé prétextant un cavalier. Le Jônin avait alors exprimé le souhait que ce cavalier soit digne d’être son rival. Elle avait soupiré, désespérée. Toujours aussi ringard. Les trois jours qui avaient suivi, malgré la compagnie constante du cavalier rêvé, ce dernier ne lui avait toujours pas fait savoir qu’il souhaitait sa compagnie pour un dîner aussi ennuyant. Jusqu’à ce midi même, soit huit heures avant le dîner. Elle l’avait attendu près d’une demi-heure attablée chez Ichiraku ; las d’attendre, elle en avait alors profité pour ‘sympathiser’ avec un gamin du Pays de la Roche. Ce déjeuner qui devait être pourtant des plus banals, avait tourné au véritable désastre ; l’étranger avait ameuté par ses cris, tous les habitants de Konoha et elle, avait pris une douche gelée suivie d’une douche brûlante, aux douloureux relents de ramens. Mais comme dans les contes de fées, tout c’était bien terminé ; le jeune homme criard s’était tu à coups de casseroles et le beau Jônin avait accepté son invitation. Satisfaite, elle s’était enfuie du déjeuner et était rentrée chez sa future ex-colocataire où elle y avait pris une douche bien méritée.
Après avoir enfilé un jeans banal et un T-shirt atteint de la même faiblesse de caractère, elle s’était rendue en vitesse à sa banque pour y faire un relevé ; le propriétaire voulait s’assurer qu’elle possédait assez pour le payer. Un neuf. Et sept zéros derrière. Elle n’avait pu étouffer une exclamation de surprise quand le petit homme brun lui avait annoncé la somme. Elle avait du prendre sur elle-même pour ne pas tomber dans les pommes lorsqu’elle reçut entre ses doigts, son relevé de compte. Totalement désemparée devant cette fortune jusqu’alors inconnue, elle avait demandé si un virement avait été fait récemment. Peut-être était-ce Jiraiya-Sensei qui s’était décidé à lui rendre son argent ? Elle s’était vite reprise ; non, c’était tout simplement impensable. L’argent du vieux Sannin étant sitôt acquis, sitôt dépensé. Alors qui ? Ses parents ne possédaient pas une telle somme d’argent ; il était impossible que ce soit eux qui lui aient légué ce monstrueux tas d’or. Alors qu’elle était toujours entrain de chercher qui était la personne à l’origine de ce présent, le banquier s’était posté devant elle, faisant s’envoler toutes ses interrogations. Il avait approuvé l’idée du virement : il avait été effectué d’un coffre du village caché d’Oto. Alors c’était lui. Le Bisounours d’Oto. Si c’était le cas, qu’il n’espère pas une carte postale émue de remerciements ; elle acceptait ce présent, c’était déjà pas mal.
« Comment osez-vous refuser ça à un vieil homme ? »
La voix criarde du vieil homme la ramène au sol. Elle pose son regard dédaigneux sur son visage ; voulait-il vraiment entendre sa réponse ? Elle lève les yeux au ciel et lui fait signe de lui faire de l’air. Le petit homme devient écarlate ; c’est pas vrai, elle collectionnait les perles aujourd’hui. Il gesticule, tape du pied et lui demande encore une fois sa compagnie. Elle soupire ; cette fois, elle ne pouvait compter sur personne pour la débarrasser de ce gêneur. Elle reporte son attention sur le vieillard ; pour qui il se prenait pour exiger sa présence à ses côtés ? Elle le regarde gesticuler, lui postillonner dessus à tout va quand, une lumière lui éclaira soudainement l’esprit. Se pouvait-il que ce nain fut le père de Joséphine ? La voix criarde, les gestes incessants, le teint rouge ; tout y était. Le Leprechaun se redresse sur ses pieds. Alors, il commence à se plaindre de la jeune fille, de son dos et de ce village de malpolis. Elle sert les poings ; s’il continuait, il ferait un tour à l’hôpital, non pas comme visiteur mais comme malade. Elle se mord la langue. Ne pas répondre à ce pervers. Ne pas… Trop tard. Déjà, la jeune fille ouvre la bouche ; elle allait lui dire tout ce qu’elle pensait de son gros nez, de son corps conservé en l’état de cadavre quand un médecin, sorti en trombe de l’hôpital, se poste devant le vieillard. Les yeux de la jeune fille s’arrondissent, elle regarde cet homme se pencher vers le nain, l’air sévère. Les doigts devant la bouche, il se racle la gorge bruyamment puis, lance au vieillard :
« Hum hum… Dites-moi la ménopausée, il va falloir la mettre en veilleuse, vous foutez la trouille à tout le monde à l’hôpital, enfin bon sang ! Ils sont entrain d’accoucher un bébé en haut et le pauvre gosse s’accroche au cordon ombilical de toutes ses forces en essayant de remonter ! Maintenant ma vieille, va voir ailleurs si cette jeune fille y est et tout se passera pour le mieux. »
Aussi vite qu’il n’était venu, le jeune médecin disparait dans les profondeurs de l’hôpital. Elle n’avait même pas eu le temps de le remercier. Et ce n’était pas une si mauvaise chose à vrai dire, si on prenait en considération son fort caractère ; il l’aurait sûrement regardé d’un air mauvais, lui aurait dit qu’il n’avait pas fait ça pour elle, mais pour le pauvre gosse martyrisé dès la naissance. Et il serait reparti travailler. Elle connaissait bien ce genre de personnes ; elle était pareille. Elle détache son regard de l’hôpital et le porte sur le vieillard. Un sourire en coin se dessine sur son visage. Il continuait à gesticuler, à hurler que ça ne se passerait pas comme ça, qu’il était le Kage d’Iwa. Déjà, la jeune fille ne l’écoutait plus. Elle se dirigeait le pas léger vers son nouvel appartement ; cette agitation lui avait permis de remettre son sous-vêtement en place, sans que les deux ne s’en aperçoivent. Alors, avec une nouvelle vitalité, elle s’élance dans les rues de Konoha. Elle n’eut pas à chercher longtemps sa nouvelle adresse ; à peine arrivée dans la rue des cerisiers qu’un vieillard lui adressait déjà un signe de main amical. La visite de l’appartement fut assez brève ; ce n’était pas un palace ni un loft néanmoins ce cinq pièces avait beaucoup de charme. La grande salle de bain en marbre, la cuisine en bois ciré, le salon lumineux et les deux chambres avaient tout de suite séduit la jeune Kunoichi. Et le balcon dans la chambre principale donnant sur le jardin fleuri des propriétaires avait été l’élément décisif dans son choix. Déjà, elle voyait son Prince monter sur le lierre parcourant la maison et entrer dans sa chambre. Il se pencherait sur son lit, déposerait un léger baiser sur ses lèvres et elle s’éveillerait. Ils se regarderaient. Elle lui sourirait et... La voix du propriétaire la ramène doucement à la réalité. Un léger sourire se dessine sur ses lèvres ; jamais Kakashi ne ferait ce genre de choses digne d’un livre à l’eau de rose.
L’accord conclut, elle sert la main du petit vieux. Jamais elle n’aurait pu trouver un propriétaire plus arrangeant. Demain à neuf heures, elle aurait ce charmant petit appartement et serait enfin chez elle. Satisfaite, elle consulte sa montre. Quinze heures trente. Que faire à présent ? Il lui restait un peu plus de quatre heures avant le dîner et elle n’avait rien de prévu. Elle soupire. La démarche traînante, elle parcourt les rues de ce vieux quartier de banlieue ; elle regarde les jeunes jouer à la cachette, les grands les regarder, réprobateurs, et les vieux, hurler de ne plus piétiner leur si jolies fleurs. Elle esquisse un sourire quand un des gamins tire la langue au vieillard un peu abruti par le temps. Elle flâne, regarde les maisons, rit des gens ; si elle avait emmené un de ses instrument de musique, elle aurait certainement aimé jouer au pied de cette superbe fontaine. Elle pense à Kakashi, au compliment qu’il lui avait fait. Elle sourit.
Assise sur une chaise de coiffeur, elle tremble. Alors qu’elle s’était tranquillement installée au pied de cette fontaine, la pancarte avait attiré son regard. L’idée saugrenue de se couper les cheveux lui avait effleuré l’esprit et elle était entrée. A présent, elle regrettait ; ses cheveux n’avaient jamais été coupés autrement que par ses soins et les laisser à une inconnue ne lui plaisait guère. Elle souffle, elle essaie de se convaincre que la coiffeuse excelle dans son métier. Mais son grand sourire lui fait peur, elle ressemble un peu à un monstre dont la nature doit rester secrète : elle sourit pour l’amadouer et ensuite la manger. Elle déglutit difficilement. Mais pourquoi était-elle rentrée déjà ? Ses pensées s’interrompent par la voix douce de la coiffeuse ; elle lui demande ce qu’elle souhaite. La jeune fille, plus préoccupée par son physique que par la politesse, répond froidement :
« J’ose simplement espérer que vous ne me transformerez pas en n’importe quoi. » « Il va être difficile de faire pire que maintenant, chérie. » « Je vois. Et bien, je te fais confiance, fait ce que tu veux. »
Et la coiffeuse s’était mise au travail ; elle l’avait installée sur le lavabo, lui avait lavé les cheveux dans l’eau glacée, comme pour se venger, et avait ensuite appliqué une texture nauséabonde sur les longs cheveux de la jeune fille. Ensuite, elle l’avait boudée, l’avait laissée feuilleter dans un coin des bouquins de mode. Une heure et demi après, comme si l’orage était soudainement passé, elle était revenue la chercher, lui avait rincé les cheveux à l’eau brûlante et s’était attelée à cette lourde tâche, celle de la rendre chauve. La jeune fille voyait ses cheveux, étrangement foncés, tomber en cascade devant elle. La coiffeuse, cynique et sournoise, avait bien entendu refusé de la mettre devant un miroir ; elle ne pourrait donc pas lui hurler dessus si ladite coiffeuse lui coupait trop de cheveux. En somme, elle pouvait travailler tranquillement. Alors, n’ayant rien d’autre à faire, la jolie Kunoichi regardait avec une certaine mélancolie, ses cheveux former un halot brun autour de sa chaise. Bon dieu mais qu’est-ce qu’elle était entrain de faire ? La coiffeuse lui tire les cheveux, Rukia relève la tête. Un vent d’air brûlant lui fouette le visage ; surprise, la jeune femme abaisse l’ennemi d’un coup de main et laisse échapper un long rire. Qui aime bien châtie bien. La coiffeuse avait du caractère et entre les deux femmes, quelque chose d’étrange se passait. Comme une confiance mutuelle, une gaminerie réciproque, un goût prononcé pour les mauvaises blagues. Peut-être un début d’amitié. La jeune coiffeuse se baisse à son oreille et lui annonce qu’elle a terminé.
Devant son miroir, elle se mord la lèvre. Ses longs cheveux roux avaient laissé place à des cheveux mi-longs noirs et ses yeux, auparavant cachés par ses cheveux flamboyants semblaient avoir changé, semblaient être plus bleus que jamais. C’était avec surprise qu’elle contemplait cette femme qu’elle ne reconnaissait plus, cette jeune femme qu’elle trouvait enfin jolie. Elle regarde sa montre ; dix neuf heures. Il ne lui restait plus qu’une heure pour se maquiller, trouver une robe adéquate à sa nouvelle coupe et…C’était déjà bien suffisant. Avec la rapidité de l’éclair, elle laisse tomber la serviette retenue sur sa poitrine et enfile la robe bleue nuit qu’elle avait choisi spécialement pour l’occasion. Elle se regarde attentivement dans le miroir puis, deux petites fossettes se creusent. La reconnaitrait-il ? Son sourire se détend ; et s’il n’aimait pas ? Elle se gifle intérieurement ; elle, elle aimait, c’était l’essentiel. Son mascara à la main, elle s’avance vers le miroir mural ; un détail la retient. Elle cherche ; ses yeux sont normaux, son nez est toujours au même endroit, ses lèvres… Pourquoi n’avait-elle pas son piercing ? Sans attendre de réponses de la part de son fidèle ami le miroir, elle se rue dans la salle de bain, à la recherche du Bijuu disparu. Après une dizaine de minutes à sacrer, à pester contre sa négligence, elle ne tient dans sa main que son deuxième piercing ; si le premier, celui qu’elle mettait fréquemment, était si petit qu’il en devenait invisible, le deuxième était son exact opposé. Constitué d’une petite boule métallique, il n’était pas fait pour passer inaperçu. La poisse. Il fallait que ce soit le jour du dîner des Kage. D’un geste peu convaincu, elle met en place le petit bijou sous sa lèvre ; si elle laissait le trou encore à l’air libre, il risquait de se reboucher. Et il était hors de question qu’elle vive à nouveau les trois jours de douleur qui avait suivi l’opération.
Du bas des escaliers, la Chunin aux cheveux roses l’appelle. Le cœur de la jeune fille s’enflamme. Et s’il n’aimait pas ? Elle jette un dernier regard à son reflet ; sa peau qu’elle avait toujours trouvé trop blanche ressortait parfaitement entre ses cheveux et sa robe, ses yeux semblaient être plus brillants que jamais et sa silhouette fine et élancée, était mise en valeur par le maigre morceau de tissu bleu. Elle respire profondément et pousse la porte de la chambre. Avec le pas lent de la condamnée, elle descend les escaliers, enfile les chaussures à talons achetées pour l’occasion et passe la porte de l’entrée. Il est là, devant elle. Etait-elle digne d’être au bras du plus séduisant Jonin ? Elle s’avance vers lui, un mince sourire aux lèvres et lui souffle, gênée :
« J’ai fait tout ce que j’ai pu pour ne pas ressembler à une sorcière. J’espère avoir réussi. »
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|  | | Kakashi Hatake

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 | Sujet: Re: Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] Ven 10 Sep - 22:41 | |
| Il ne manquait plus qu’à choisir la couleur de la cravate. Kakashi était rentré il y a une heure. Il avait pris soin de retirer son vêtement quotidien avant de prendre une douche chaude. L’eau le réchauffait de cet après-midi mouvementé, où un étranger avait réussi à détruire une belle journée. Il sortait de la salle de bain, et se dirigeait vers son armoire. Le ninja savait ce qu’il devait mettre pour la soirée qui se préparait. Une chemise blanche remplacerait à merveille la serviette bleue attachée à sa taille. Il enfila un pantalon sobre, cette chemise et une veste noire. Kakashi n’avait pas l’habitude de porter ce genre de vêtement, à chaque fois qu’il faisait un mouvement on entendait le bruit de deux tissus frottant l’un contre l’autre. Cela le perturbait légèrement, il n’était pas très à l’aise. Maintenant il hésitait entre deux touches de couleur, il tenait dans sa main droite une cravate bordeaux et dans l’autre une cravate plus fine et bleu nuit. Peut-être fallait-il ne rien mettre ? Après tout, s’il ne mettait rien, il pourrait être un peu plus à l’aise, il pourrait détacher quelques boutons et respirer un peu mieux. Pourtant, cela faisait moins sérieux. Les deux petits morceaux de tissus sont discrets, faire un choix entre les deux était presque un dilemme pour lui. Le bleu évoquait les océans, ou le ciel. Le rouge foncé faisait penser à... du sang ? Le jeune homme déposa cette dernière cravate sur la table, et retourna à la salle de bain avec la cravate bleue à la main. Il releva le bandeau frontal devant son miroir. Il voyait mieux ses gestes avec ses deux yeux vairons. La cravate défaite était autour de son cou, en quelques minutes il noua le tissu sans trop le resserrer. Ainsi, il était élégant sans paraître austère.
Le bruit de ses pas résonne dans l’appartement. Ses chaussures de soirée étaient neuves, ses talons tapaient le sol laissant échapper un « clac » dès qu’il marchait. En sortant du logement, il se rappelait qu’il ne devait pas oublier Yamato. Ce dernier lui avait rendu visite le matin même. L’homme lui avait demandé de l’accompagner au dîner des Kages, pour éviter d’être seul face à une jeune fille. En effet, l’ami de Kakashi avait vaguement évoqué une femme qui lui tournait autour depuis quelques semaines. Il s’agissait d’une ninja avec une force incommensurable. Yamato pensait que Sakura voulait profiter du dîner pour le piéger. Le jeune homme se retrouverait donc à dire « non » à une dame ayant une force herculéenne. Il ne fallait pas être un géni pour savoir comment elle allait réagir. Certes, Sakura était un ninja médecin, mais peut-être qu’elle ne pourrait pas le soigner s’il mourrait sous la force de la colère. Kakashi se souvenait que son ami devenait extrêmement pâle dès qu’il prononçait le nom de la jeune femme. Le ninja au sharingan s’était senti obligé d’accepter les supplications de Yamato. Il avait décidé qu’il irait chercher Rukia, puis il attendrait le jeune homme devant la porte où se tiendrait la réunion.
Kakashi descendit les escaliers et se retrouva dans les rues de Konoha. Il marchait tranquillement dans la rue principale. La fraicheur du soir l’avait envahi plus tôt que prévu. Du moins, il avait l’impression qu’il s’était écoulé cinq minutes entre le moment où il rencontra Rukia chez Ichiraku, et le moment qu’il vivait maintenant. Il voyait autour de lui les boutiques baissant les rideaux de fer, les odeurs de repas chaud chatouillaient les narines du ninja. Puis, il aperçut sur sa droite un lieu qu’il connaissait bien. Par ailleurs, il y était quelques heures auparavant. De loin, Ichiraku salua Kakashi. Ce-dernier répondit d’un geste de la main tout en esquissant un sourire. Pourtant, le ninja eut envie de presser le pas lorsqu’il vit une demoiselle un peu maigre faisant la vaisselle. Elle était penchée sur ses couverts sales, et n’avait pas remarqué que le jeune homme n’était pas loin d’elle. Le bruit de ses talons indiquait qu’il avait accéléré sa marche. Il n’avait pas envie de se retrouver devant cette demoiselle qui était la nouvelle ennemie de Rukia. La scène avait été absurde et un peu trop tendue à son goût.
Quelques mètres plus loin, Kakashi leva les yeux. L’appartement de Sakura était allumé, et il aperçut à travers la vitre une jeune fille brune qui n’arrêtait pas de passer et repasser. Sakura a-t-elle changée de coupe ? pensa-t-il. Il sonna, la demoiselle aux cheveux roses ouvrit la porte.
« Je viens chercher... - Oui je sais, je vais l’appeler, coupa Sakura »
La jeune fille cria le nom de Rukia. Kakashi se disait que pour la première fois il n’était pas en retard. Au fond de lui, il pensait qu’elle remarquerait ce petit détail. Après tout, il lui avait fallu faire de grands effort pour ne pas s’arrêter devant la petite librairie ouverte 24h/24, se trouvant non loin d’ici. Une jolie brune apparut en haut des escaliers. Cette jeune femme portait une robe bleue nuit, et de jolies chaussures à talon. Kakashi écarquilla les yeux, c’était elle qu’il avait vu ? Il ne se serait jamais douté qu’elle aurait autant pris soin d’elle. Au fond de lui il ressentit une légère peur. Il connaissait la jeune Kunoichi, il savait comment était son caractère. Cette peur était due à ces chaussures à talons combinées à cet escalier. Son cœur battait fort, il craignait qu’elle ne tombe, se fasse mal, et la soirée aurait été courte. Lui qui avait passé tant de temps à se préparer, il voyait ses soins réduits à néant. Pourtant, sa robe flottait, ses pas claquaient, elle s’approchait doucement, en tenant fermement la balustrade.
Elle avait réussi, la descente des escaliers était parfaite. Rukia avait décidé de laisser tomber sa cape noire pour une tenue parfaite. Après tout, le jeune homme était en harmonie avec la belle, il avait bien fait de choisir la cravate bleue. Elle espérait ne pas ressembler à une sorcière. Si elle devait être une créature mythologique, elle s’éloignait de la sorcière et s’approchait de la jolie sirène. Cependant, il se demandait si elle n’allait pas redevenir comme avant au son du nom de l’ami de Kakashi.
« Avant d’entrer, on devra attendre Yamato devant la porte. Est-ce que Sakura t’a dit si elle venait au dîner ? On m’a dit qu’elle… Kakashi rougissait avant de finir sa phrase, voulait parler à Yamato. »
Ils avançaient et arrivaient vers le lieu du dîner. Il entendait au loin Gaï en compagnie de Neji, Tenten et Lee. Kakashi pensait qu’ils risquaient d’être nombreux, il espérait que l’ambiance soit festive.
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|  | | Rukia Namikaze Admin

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 | Sujet: Re: Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] Sam 11 Sep - 18:14 | |
| Les joues légèrement relevées, elle s’avance. Ses pieds commencent déjà à chercher la sortie de ces chaussures si inhabituelles, mais elle n’y prend guère attention. Comme au milieu d’un rêve, elle s’avance lentement vers lui, ce jeune homme si élégant, les gestes ralentis par on ne sait quel maléfice. Comme dans ses songes, aucune imperfection n’avait sali son entrée ; pas de pied maladroit, pas de pan de robe farceur. Juste des regards. Elle arrête sa marche à quelques centimètres de lui, le regard toujours fixé dans le sien ; si le beau Jônin ne disait rien, ses yeux parlaient pour lui. Jusqu’alors concentrée à ce que ses pieds ne lui jouent pas de tours, elle remarque enfin l’effort vestimentaire du célèbre descendant de Croc Blanc. Il avait laissé tomber le masque, le bandeau frontal et sa veste de capitaine d’équipe pour revêtir un costume sombre qui faisait ressortir tout ce charme caché ordinairement derrière ses habits trop amples. Lequel des deux s’était donné le plus de mal pour paraître sous son meilleur jour était impossible à définir ; mais les deux adultes avaient su se surprendre réciproquement, l’un par son élégance et l’autre, par son audace. Elle sourit au jeune homme ; jamais elle ne l’avait trouvé aussi superbe. Tout, de ses cheveux restés désordonnés à son costume à la coupe parfaite, émanait une onde irrésistible, une onde mielleuse à laquelle la jeune fille se serait volontairement abandonnée. Le cœur de la jeune fille accélère ; il la charmait autant qu’il ne la troublait, elle le désirait autant qu’elle lui en voulait d’être aussi charmant. Elle voit déjà tous ces regards, émerveillés ou fiévreux de désir, se tourner sur cette beauté jusqu’alors insoupçonnée ; elle desserre son sourire. Elle n’aurait pas d’autre choix que de le supporter. Ses sentiments, peu à peu, s’embourbent dans l’impasse ; et s’il trouvait quelqu’un d’autre au cours de cette soirée ? La distance les séparant est écourtée ; était-il temps pour eux de reprendre là où ils s’étaient arrêtés ?
Leurs deux corps se frôlent, elle frissonne. Elle se redresse imperceptiblement sur ses talons ; même avec dix centimètres en plus, le jeune homme était toujours plus grand qu’elle. Leur regard se croise ; alors, comme s’il avait compris son attention, il rompt le silence. Désagréablement surprise, elle baisse les épaules et écoute d’une oreille distraite, la question du jeune homme. Leurs corps s’éloignent. Déçue et gênée de son audace, ses yeux se posent sur la cravate de Kakashi ; jusque dans les moindres détails, même -et surtout- dans sa timidité, il était sublime. Un sourire en coin se dessine sur le visage de la jeune fille ; malgré tous les soins dont il semblait avoir fait preuve pour se préparer, la jolie Kunoichi remarqua avec amusement que sa cravate était légèrement bancale. Une petite touche décalée pour un ensemble parfait. Le sourire moqueur aux lèvres, elle relève son regard ; elle croise le sien. Comme s’ils n’avaient attendu que cet instant, des papillons s’envolent de son estomac, laissant place au désir. Elle mord la base de son piercing. Non, il ne fallait pas qu’elle agrippe cette cravate pour faire courber l’échine du jeune homme et enfin accéder à ses lèvres. Les papillons se rendorment, elle prend conscience de la question du jeune homme. Elle écarquille les yeux de surprise ; Yamato ? Elle qui pensait que la Rose penchait pour le jeune Uchiwa… On pouvait dire qu’elle avait vraiment des goûts étranges. Elle esquisse un sourire lorsque le Jônin choisit pour ses joues, un teint plus relevé ; se pouvait-il qu’il soit gêné, rien qu’en évoquant une éventuelle relation ? Si c’était le cas, ça avait du être insupportable pour lui, lorsque leurs lèvres s’étaient effleurées. Elle n’en revenait pas. Yamato et Sakura. Un sourire qu’elle essaie de réprimer, s’encre sur son visage puis, n’y tenant plus, trouvant les informations décidément trop loufoques pour être sérieuses, la jeune fille laisse un rire franc briser le silence de la rue.
« Yamato et Sakura ? J’y crois pas, il ne pouvait pas y avoir pire comme couple. Moi je pensais qu’elle en pinçait pour Sasuke, mais là, YAMATO ! Il est gentil mais ne vaut certainement pas un Uchiwa… »
Sa deuxième voix explose à l’intérieur de son crâne ; comme d’habitude, elle avait parlé avant de réfléchir. Maudite bavarde. Elle fait tourner nerveusement sa langue contre son piercing. Comment avait-elle pu lui dire, à lui, que les Uchiwa étaient mignons ? Elle lève les yeux vers lui, le teint pâle et enchaine, comme par désir de s’enfoncer davantage :
« Enfin les Uchiwa ne sont pas si bien que ça… Toi par exemple… On ne peut pas comparer mais… euh… Je… Je te trouve beaucoup plus… Séduisant. »
La pression dans ses veines lui fait se détacher du champ de vision du Jônin. Abasourdie par l’information et sa connerie, la jeune fille commence à s’avancer vers le lieu de rendez-vous. Elle essaie de mettre momentanément de côté, sa deuxième ‘moi’ criarde pour se concentrer sur le futur couple ; Yamato, Sakura. Ils avaient quoi, dix ans de différence ? Et pourtant eux, ils osaient se montrer ensemble et ne se cacheraient certainement pas le jour où ils décideraient de sauter le pas. Alors qu’est-ce qui clochait avec elle, pourquoi le Jônin n’osait pas faire le premier pas ? Elle le voyait bien qu’elle lui plaisait, il le savait qu’elle l’appréciait bien au-delà de l’amitié et pourtant ils étaient incapables de montrer clairement à l’autre ce qu’ils désiraient. Faudrait-il encore attendre seize ans ? Peut-être après tout qu’il l’aimait simplement en bonne copine. Peut-être même qu’il regrettait l’incident sous l’arbre. Et bien, il ne lui restait plus qu’à tout faire pour lui donner l’envie de réitérer l’expérience du terrain d’entrainement. Oui mais comment ? Kakashi n’était pas du genre à se faire avoir par une tenue légère ni par un comportement vulgaire… Quoique… ? Sans même s’en apercevoir, la jeune fille s’était arrêtée au beau milieu d’la track, en proie à de grandes réflexions. Il fallait quand même tenter. Quand elle redressa la tête, Kakashi était un peu plus loin devant elle ; alors, malgré son ventre noué et sa tête aussi vide qu'un pot de Nutella daté d'une semaine, elle fonça vers le Jônin. Ce qu'elle fit alors, se révéla aussi téméraire que de descendre des escaliers avec des talons, et tout aussi stupide qu'une mouche évitant la tapette. A hauteur du talentueux descendant Hatake, elle lui tapota l'épaule et quand il se retrouva face à elle, elle attrapa sa cravate entrainant ainsi brutalement la tête du jeune homme vers la sienne. Leurs fronts se touchaient, elle avait le souffle court. Les yeux dans les yeux, elle ressert imperceptiblement ses doigts sur sa cravate.
La voix trop reconnaissable d’un Jônin se fait entendre derrière elle. Tout autant soulagée qu’ennuyée par cette intervention, elle s’écarte légèrement du corps si désiré de son cavalier. Le cœur battant, elle lève les yeux vers Kakashi et sent ses pommettes s'empourprer. Très gênée, elle fait mine de remettre en place la cravate du jeune homme puis jette un regard sur Maïto Gaï. Ce dernier était accompagné d’une adolescente qui rougissait à vue d’œil en regardant Kakashi, et de deux jeunes hommes dont l’expression ahurie rivalisait avec celle de Yamato. Et bien sûr il avait Gaï, le pouce levé vers le ciel, auréolé de son fameux sourire de ‘beau gosse’. Ne prenant que peu en considération les regards que les jeunes hommes daignaient lui accorder, la Kunoichi maintient son attention sur la gamine à couettes ; son cœur se ressert. Si elle n’arrêtait pas bientôt de fixer son cavalier, elle serait obligée de la tuer. Inconsciemment, elle se rapproche de son cavalier.
« Kakashi, tu es digne d’être mon plus grand rival ! Qui est donc cette beauté ? »
Rukia dut retenir un haut le cœur ; déjà Gaï lui tenait la main, tel un Don Juan, les lèvres tendues. L’un de ses élèves, celui aux gros sourcils, l’encourageait tel un démon, dans sa tentative de séduction. D’un geste brusque, la jeune fille retire sa main et se rapproche un peu plus de Kakashi. Sa mine effarée avait du dissuader Gaï de la reprendre ; déjà, il lui tendait un sourire presque paternel. Avant même qu’elle n’ait pu lui hurler dessus qu’il était complètement malade et touticointi, une autre voix reconnaissable entre mille heurta ses oreilles. Elle n’eut pas à tourner la tête pour reconnaître l’heureux gagnant d’une paire de baffes. Il se tenait là, droit et fier, juste devant elle. Yamato la regardait avec ce sourire soulagé, celui de la victime qui apprend que son bourreau ne viendra pas.
« Kakashi Senpai, vous ne deviez pas venir avec l’autre ? Vous vous êtes enfin rendu compte qu’elle n’était pas sortable ? Vous avez gagné au change. »
Elle écarquille les yeux ; à cet instant précis, elle se demandait bien qui était le plus stupide entre Gaï et Yamato. Ce dernier trouva alors bon de lui adresser un clin d’œil. Ca commençait à aller beaucoup trop loin ; la jeune fille sert les poings. Bien qu’elle aurait adoré réduire à néant tous risques de descendance stupide au Capitaine Yamato, elle retint son pied à temps et sortit, le sourire mauvais aux lèvres :
« Oh mon dieu Sabrina ! Tu as drôlement intérêt à me dire qu'on vient de t'opérer l'œil au laser et qu'on t'a accidentellement endommagé le muscle qui retient ta paupière parce que tu viens de me faire un clin d'œil ! Déjà, elle voit de fines gouttelettes se dessiner sur le visage du Jônin. Alors, elle continue d’une voix tout aussi dure : Oui là tu te dis : ‘dans quelle merde j’me suis mis ?’ et tu as raison de serrer les fesses ma petite chérie car dès que j’en aurais l’occasion, je te jure que je te l’enlève ce si joli string qui fait ressortir tes yeux et je te le fais bouffer par les narines ! »
Furieuse contre ces nazes, énervée contre elle-même et contre ce baiser qu’elle n’avait toujours pas réussi à avoir, elle s’élance vers les marches du Palais des Hokage. Elle prendrait un grand verre de Sake et elle oublierait tout.
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|  | | Kakashi Hatake

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 | Sujet: Re: Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] Dim 12 Sep - 20:57 | |
| « Je te trouve plus… Séduisant. »
En entendant les mots prononcés par la jeune Kunoichi, les joues de Kakashi prirent une teinte rosée. Il se tourna et reprit sa marche. Il avançait vers le palais de l’Hokage. Sans doute dit-elle ça à cause de mon œil gauche, hérité d’Obito. Le ninja ne remarquait pas que Rukia était restée en arrière. On entendait simplement les pas du jeune homme, ceux de la belle ne résonnait plus. Soudain, un bruit de marche accélérée claquait tout en approchant de Kakashi. La jeune femme l’avait rattrapé, elle était juste derrière elle, sa main frôlait l’épaule de l’homme. Il tourne ses talons. En quelques minutes, la belle avait attrapé la cravate du garçon. Les visages s’étaient rapprochés, Kakashi écarquilla les yeux et commença à chuchoter « Ruki… ». Leurs fronts étaient curieusement en contact, leurs regards ne se lâchaient pas. La jeune femme était encore cramponnée au bout de tissu bleuté. L’étreinte fut brisée par le son d’une voix qui n’était pas celle des deux jeunes gens. Rukia décida de laisser respirer Kakashi, avant de resserrer un peu plus la cravate. Lui qui voulait être un peu décontracté, se retrouvait avec quelque chose de très bien ajusté. Il n’avait pas l’habitude de ce genre d’habit, il avait l’impression de manquer d’air tellement la belle avait serré le nœud. Le jeune ninja ne portait aucune attention à Gaï et Tenten, encore une fois, le malheureux ninja habillé de vert allait être ignoré par Kakashi. Ce-dernier essayait de faire tout ce qu’il pouvait pour dénouer la cravate. Elle a voulu me tuer ? pensait-il.
Une bouffée d’oxygène s’invite dans ses poumons lorsqu’il parvient à défaire un peu le nœud. Son visage qui commençait à prendre une couleur écarlate, redevenait pâle. Il ne voyait pas Gaï qui s’approchait de Rukia, il se fichait de tout ce que pouvait dire ou faire cet homme. Pendant que la victime étouffée avait combattu contre l’étoffe coupable, Yamato était apparu. Kakashi avait l’impression que le jeune homme avait une mission secrète : surveiller l’homme au sharingan et la belle. Avant que Kakashi ne puisse saluer Yamato, ce-dernier pris une gifle verbale par Rukia. Il ne put la retenir, elle montait déjà les marches du palais. Il se tourna vers les autres et se contenta de hausser les épaules. Il aperçut Gaï, le salua brièvement et essaya de trouver Rukia, qui avait fuit devant la foule.
Il monta une à une les marches de l’escalier, il voyait la jeune femme qui continuait à avancer seule. Il s’approcha doucement d’elle. Il attrapa son bras, et lui lança :
« Tu abandonnes ton cavalier ? »
Kakashi tendait élégamment son bras, il attendait que Rukia accepte son bras. Les deux ‘amis’ arrivèrent au lieu de l’invitation. Ils avaient devant eux une grande table, remplie de nourritures et de boissons. Ils virent quelques personnes déjà présentes. Et derrière eux, on entendait le brouhaha des nouveaux arrivants. Le ninja laissa la belle aller où bon lui chantait. Cependant, avant qu’elle ne s’échappe trop, le jeune homme sentait son cœur battre, et une timidité l’envahir. Pourtant, il essaya d’être un peu ‘courageux’ : Kakashi se baissa, Rukia ne le percevait même pas. Ses lèvres vinrent effleurer doucement sa petite joue.
« Passe une bonne soirée d’anniversaire. »
Il quitta le visage de la jeune fille. Personne ne les avait vraiment vu, ils étaient tous occupés par leur verre de saké, ou leur bol de ramen. Seulement, la réunion ne semblait pas ravir tout le monde, un vieil homme en tenue de Kage pestait et gesticulait. Il était petit et râleur. Sans doute était-il le Kazekage. Il se calma lorsqu'il vit Rukia. Le Kazekage était bouche bée devant elle.
« Je te connais gamine ! Tu vas danser avec moi ce soir ! »
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|  | | Rukia Namikaze Admin

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 | Sujet: Re: Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] Lun 13 Sep - 13:32 | |
| Bien que ses pieds hurlent de douleur contre ces chaussures bien trop ajustées, elle continue à monter les marches rapidement. Plus elle s’éloignerait d’eux, mieux elle se sentirait. Tant bien que mal, elle essaie de s’en persuader ; elle cherche, cherche à se convaincre qu’elle avait agi de la meilleure façon qu’il soit, en décalissant son camps. Néanmoins, elle sentait au fond que la logique ne s’avérait pas aussi efficace qu’elle avait tenté de se le faire croire. Mais elle avait l’habitude ; elle savait qu’elle n’était pas quelqu’un de logique. Alors il était normal que tout ne se passe pas comme prévu, qu’elle ne se sente pas mieux en s’éloignant, mais pire. Ses yeux commencent à se brouiller ; elle sert les poings et s’arrête quelques secondes dans sa longue expédition. Elle ferme les yeux, essaie de respirer le plus calmement possible. Il ne fallait pas que tous ses crétins puissent crier victoire. Son cœur s’accélère ; alors, elle les sent tous ces regards qu’elle avait jusqu’alors volontairement ignorés. Elle enfonce un peu plus ses ongles dans sa paume. Elle les sentait, tous ces pervers qui préféraient s’occuper de ses fesses, plutôt que des marches. Le dégoût vint alors s’immiscer dans la tempête sous son crâne ; elle aurait eu envie de leur hurler à tous ces vicieux, d’arrêter de ne regarder que la jolie femme en elle, de s’obstiner à ignorer son statut de Kunoichi. Un sanglot difficilement réprimé lui parcourt l’échine ; quand verraient-ils en elle une Kunoichi, non une femme-objet, née simplement pour assouvir leurs désirs vicieux ? Elle se mord la lèvre ; elle se compte à quel point son père lui manque. Avec lui, rien de tout ceci ne se serait passé ; jamais il n’aurait laissé ces gamins, guidés par la testostérone plutôt que par le cerveau, faire suinter de tels regards sur elle. Elle trébuche. Quand un truc ne va pas, tout va mal. Ses larmes reviennent en force, elle laisse échapper un juron. S’ils étaient encore là, elle n’aurait certainement pas passé ses vingt ans avec tous ces inconnus ; elle les aurait passés en famille, attablée chez Ichiraku devant un gâteau aux poires. Itachi aurait été à ses côtés, son frère de l’autre. Ce dernier lui aurait offert un cadeau pourri qui l’aurait fait rire aux éclats, son père l’aurait embrassé sur son front et sa mère lui aurait demandé quand elle comptait se placer avec quelqu’un. Alors, elle aurait rougi et aurait évité soigneusement le sujet. Si, toujours des si. Encore et toujours.
Une main attrape son poignet puis un corps se hisse à ses côtés. Elle jette un coup d’œil au propriétaire de la main. Ce dernier lui reproche de l’avoir laissé seul su’a track ; d’un coup sec, elle retire son poignet de son emprise. Elle croise son regard. Alors, elle secoue légèrement la tête ; si elle avait fait quelque chose, lui n’avait rien fait. Comme toujours, il n’avait pas bougé, rien dit, il les avait laissés parler. Il les avait laissés la juger sans rien dire. Finalement, peut-être ne valait-il pas mieux que tous les autres hommes. Elle reporte son attention sur sa destination ; elle ne répondrait ni à sa question, ni au bras qu’il tendait si élégamment. Ca n’était pas maintenant qu’elle avait besoin de son soutien mais, comme toutes choses qu’il entreprenait, le Jônin était encore en retard. Rien qu’un geste, rien qu’un regard, n’importe quoi aurait suffi. Mais le beau Jônin avait préféré s’atteler à la lourde tâche qu’était de compter le nombre de mouches présentes en cette belle soirée d’août. Cependant, lui avait-elle seulement laissé le temps de réagir ? Elle efface cette question ; il aurait du réagir, un point c’est tout. Itachi l’aurait fait. Finalement, peut-être s’était-elle trompée sur son Prince Charmant ; peut-être avait-il été tout simplement Itachi mais que, trop têtue pour s’en rendre compte, elle avait continué à croire au ninja au Sharingan. Le brouhaha de la salle interrompt momentanément ses pensées mornes ; rangée contre un mur, s’étendait une table immense emplie de breuvages et de ramens et, au fond de la salle étaient installés une batterie et différents autres instruments. Étaient-ils à un bal ou à une réunion ? Elle jette un regard aux invités ; combien y avait-il de Kunoichi là-dedans ?
Un baiser se dépose sur sa joue. Elle jette un regard interrogateur sur le galant qui n’avait pas omis d’embrasser la partie de sa joue la plus proche de ses lèvres. Un signe ? A vrai dire, elle s’en foutait éperdument astheure que ce soit un signe ou une coïncidence. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était se fumer une tope. Le contact ne dure que quelques secondes ; déjà, il lui souhaite une bonne soirée. Se foutait-il royalement de sa gueule ? C’était presque à croire qu’il faisait exprès de lui miner le moral. Elle tourne la tête vers le jeune homme, s’apprête à lui répondre un ‘ouais’ sans trop grande conviction quand, un homme qu’elle n’eut pas de mal à reconnaitre, se posta devant elle. Encore lui, le soit disant Tsuchikage. Néanmoins cette fois, son costume de Kage semblait bien prouver son appartenance à ceux qu’on dit d’en haut. S’entrainant dans l’objectif de détrôner Yamato dans l’expression la plus ahurie qu’il soit, il la regarde les yeux exorbités. Si les autres ne l’avaient pas reconnus lui, n’avait pas laissé passer l’information. Puis, il recommença à gesticuler, à exiger d’elle sa présence sur la piste de danse. Mais pour qui il se prenait ? Ne comprenait-il pas qu’elle n’était pas une bonne femme comme une autre, venue simplement pour la montre, mais une Kunoichi ? Elle se mord la lèvre. Il ne méritait même pas son attention. Elle laisse échappe un soupir et s’enquit de dépasser le Kage sans un regard. A peine l’avait-elle dépassé qu’une autre voix vint s’ajouter aux braillements du Leprechaun. Devant elle, ses petites couettes blondes tombant impeccablement sur sa poitrine, Tsunade lui adressait de grands signes et, à moins d’être aveugle, elle ne pouvait que la voir. Ses épaules se baissent ; la bombe blonde se rue sur elle.
« Rukia ! J’ai eu du mal à te reconnaître ! Rukia esquisse un fin sourire qui se veut convaincant ; maintenant, tous les regards étaient tournés vers la Marraine et sa filleule ; même celui de Danzo. Elle détourne le regard pour ne pas avoir l’idée de lui régler son compte. C’était donc toi la fameuse cavalière de Kakashi ! Tout le monde ne parle que de vous. Il est vraiment mignon, hein ?! » Comme si Kakashi n’était pas à deux mètres, la vieille disait tout ce qui lui passait par la tête. La jeune fille hausse les épaules. « Ca s’peut. » Tsunade lui adresse un sourire entendu auquel Rukia ne prit même pas la peine de rougir. « Kakashi ! Vient donc un peu par là. Dites, j’ai parié sur vous deux, ne me décevez pas. » « Parier ? » « Oui. Pour tous les deux… tu sais. » Sans honte, elle adresse à la Kunoichi un clin d’œil auquel la jeune fille ne répondit tout d’abord, que par un soupir, puis par une réponse avec aucune nuance de sentiments. Tout ce qu’elle voulait, c’était fumer tranquillement et philosopher sur sa vie de pomme. « Et bien, prépare toi à casser ta tirelire. » « Pourquoi ? » « Et pourquoi pas ? La jeune fille jette un regard à Kakashi puis continue : Entre lui et moi, il se passera jamais rien. » « Pourtant vous semblez… » « La vérité… n’est pas toujours là où l’on regarde, Tsunade. »
Elle jette un regard à Danzo ; au fond d’elle, elle espérait qu’il l’ait entendu et qu’il s’affole. Qu’il s’affole pour ce grand secret qu’il avait si longtemps réussi à garder. Elle dépasse Tsunade et empreinte la porte menant au balcon. Etant jeune, elle y allait souvent ; non pas pour essayer de mettre un sens à sa vie comme aujourd’hui, mais pour attendre qu’Itachi veuille bien revenir de missions. Elle aperçoit du coin de l’œil, un vieux copain de classe, Assuma, la cigarette au bec. Elle s’avance et lui demande une cigarette ; surpris qu’une jeune femme qu’il ne reconnaissait pas l’appelle par son prénom, le jeune homme lui tend son paquet, un sourcil levé. Elle ne prit pas la peine de se présenter –elle avait quand même essayé de tuer son père lorsque le Yondaime et sa femme étaient allongés au sol seize ans auparavant- , prit la cigarette et demanda un briquet. L’homme aux côtés du Jônin s’empressa d’en sortir un et de presser le bouton pour faire sortir la flamme. Elle savait déjà ce qu’il allait dire. Elle s’approche, allume sa cigarette et le jeune homme, le sourire en coin, lui lance :
« Qui allume… » « Encule, je sais. »
Elle s’éloigne des deux hommes et s’accoude à la barrière de sécurité. Ses nerfs, qui semblaient pourtant être revenus de leur escapade momentanée, lâchèrent à nouveau ; alors elle prenait entièrement conscience de ce qu’elle avait dit à Tsunade. Alors, elle comprit que le monde des Shinobi n’était qu’un monde d’hommes qui ne verraient jamais en elle une Kunoichi mais une jolie femme à conquérir. Même Tsunade ne la voyait pas comme une ninja mais comme un sujet de paris ridicules. Un nouveau sanglot lui traverse l’échine. Elle porte ses mains à ses yeux ; pour la première fois de sa vie, elle se sentait seule.
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|  | | Kakashi Hatake

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 | Sujet: Re: Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] Mar 14 Sep - 11:46 | |
| « Qu’est ce qu’il y a ? Tu as mal ? »
Tsunade semblait s’inquiéter pour Kakashi. En effet, depuis que Rukia était partie s’isoler, les oreilles du ninja n’arrêtaient pas de siffler. Il essaya de tapoter un peu, mais le son insupportable ne cessait pas. En face de lui, Tsunade le fixait et tenait une olive à la main.
« Ce n’est rien, c’est sûrement de l’eau. »
Il arrangea ses cheveux argentés et prit un verre de saké. Il ne but pas tout de suite, il réfléchissait un peu à la réaction de Rukia. Pourtant, Kakashi ne paraissait pas plus perturbé que d’habitude. Il restait silencieux et mystérieux devant les autres. Gaï et les autres étaient enfin montés, lorsque le géant vert au pouce légendaire s’approcha du ninja au sharingan, ce dernier l’ignora encore. Gaï voulait faire un concours « d’olive ». Le principe était simple, celui qui mangeait le plus d’olive en une minute avait gagné. Déçu d’être face à un mur, il proposa ce jeu à Rock Lee. Gaï souhaitait tester son élève, pour mieux le chronométrer, le jeune homme devait commencer puis, une fois la minute écoulée Gaï annoncerait son score. Pour finir, Gaï jouerait à son tour.
L’ultime défi débuta. Les olives dénoyautées étaient ingurgitées une à une par Lee. La foule commença à s’intéresser au petit spectacle, en moins de cinq secondes, tout le monde regardait et encourageait Lee. Dans la salle, seule une personne s’en fichait éperdument : Kakashi. Il tournait même le dos au courageux mangeur. Il restait dix secondes, et grâce à sa vitesse, Rock Lee en avait avalé pas moins de soixante-dix ! Des mots tels que « incroyable » « impressionnant » ou encore « complètement taré » étaient chuchotés. Certains se mirent à crier le décompte.
« Cinq ! Quatre ! Trois ! D... »
Leur joie fut interrompue. Son habit vert faisait ressortir son visage écarlate. Le bruit de la foule était remplacé par une toux forte. Les deux mains sur sa gorge, Rock Lee essayait de recracher l’olive mal placée. Le destin avait voulu lui jouer un tour, il était sur le point de finir, mais à vouloir aller trop vite, il était en train de mourir étouffé. Tsunade bouscula tout le monde et trébucha maladroitement aux pieds de Lee en soufflant :
« ‘Scusez-moi. Poussez-vous ! Mais… y’a combien de Lee là ? Oh et puis zut, t’as qu’à l’avaler ça ressortira naturellement. Et si ça peut t'rassurer, je parie que t’vas vivre. »
La belle Hokage ivre venait de faire peur à tout le monde. Ils étaient paralysés devant la situation, de plus, la ‘jeune’ blonde avait scellé le sort du ninja. En pariant qu’il allait vivre, c’était sûr que sa mort approchait à grand pas. Gaï n’arrêtait pas de crier, de gesticuler. En résumé, il paniquait complètement. Soudain on entendait quelqu’un faire des excuses timidement. Kakashi avait maladroitement bousculé le jeune homme. De fait, le ninja au sharingan n’entendait pas les cris de la foule à cause du sifflement à l’oreille. Cela peut sembler absurde, mais quiconque connait Kakashi sait qu’il a un don unique : il est le seul à pouvoir se fermer du monde extérieur. Il avait son verre de saké à la main, et revenait petit à petit sur Terre. Il voulait demander à Tsunade de regarder si quelque chose n’était pas venu se glisser dans son oreille. Il vit qu’elle n’était pas devant lui, alors il se retourna. A ce moment, Kakashi heurta Rock Lee. Ce n’était pas très violent, mais les deux tombèrent sur le sol. En effet, Lee était affaibli par le manque d’oxygène, puis le ninja aux cheveux argentés semblait trop lourd pour ses petites épaules. Sous le choc, Lee avait réussi à cracher l’olive maligne.
La scène était des plus burlesques. La foule avait devant elle Tsunade sous Lee, lui-même sous Kakashi. Ils voyaient trois ninjas au sol pour le prix d’une olive. La suite fut des plus logiques, la foule éclata de rire. Seul Gaï décida de relever les dominos humains. Il souleva Kakashi et le jeune homme. Puis Shizune arriva avec une mixture curative pour Tsunade. Cette dernière était si forte, qu’elle n’avait pas remarqué que deux hommes lui étaient tombés dessus. Tonton, le cochon, courait partout pendant que sa maitresse installait Tsunade à une table. Il fallait que son envie de vomir lui passe.
Malgré les réclamations de Kakashi, Gaï tenait à le porter jusqu’au ‘réveil’ de Tsunade. Il espérait au moins qu’un ninja médecin vienne soigner les deux victimes ‘olivesques’.
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|  | | Yutsuki Hara Admin

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 | Sujet: Re: Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] Mer 15 Sep - 10:08 | |
| Des gouttelettes d’eau coulent encore du robinet. Mon visage n’est pas bien sec, il reste même quelques bulles de savon sur ma joue droite. Je m’essuie une dernière fois avec la serviette. Je me regarde dans la glace, je vérifie qu’il ne reste aucune trace du produit. Un frisson me parcourt, le peignoir ne me couvre pas assez pour me réchauffer de l’air glacé de la salle d’eau. Mon costume pour la petite soirée entre Kage est accroché derrière moi, je comptais revêtir une chemise blanche, un pantalon noir, une petite veste noire et une cravate rayée. Avant de m’habiller, je mets plusieurs gouttes de parfum sur mon cou. J’exagère un peu sur la dose, mais je préfère sentir le parfum plutôt que l’hôpital. Je crains que les effluves de médicaments aient imprégné mon beau costume. A vrai dire, je profite pleinement de la salle de bain du ‘malade’ d’Oto. Ce-dernier m’avait laissé la possibilité de me doucher et de m'habiller dans sa petite chambre d’hôpital. Quelques minutes auparavant, j’avais pris soin de dérober cet ensemble à l’un des patients. J’ai visité discrètement plusieurs chambres, et au bout d’une petite demi-heure j’avais trouvé cette petite merveille qui était pile à ma taille.
Tic tac tic tac. L’heure tourne et je me rends compte que nous sommes en retard pour la grande rencontre de ce soir. Après tout, il vaut mieux faire une entrée remarquée plutôt qu’une arrivée médiocre. Il faut savoir briller dans ce genre de fête. Je ferme le dernier bouton, je resserre ma cravate puis je sors de la salle d’eau. Devant moi est assis Nakago, le nouveau Rot d’Oto s’était habillé avant moi, il m’attendait. Cet homme avait presque la même tenue, le seul détail différent était qu’il ne portait pas de cravate. L’homme à l’allure de serpent paraissait plus décontracté que moi. Je regarde ma montre, d’un regard il me comprend : il se lève, il réunit ses affaires et sort. Je le suis avant d’avancer à ses côtés. Nous montons au rez-de-chaussée, et croisons les infirmières à l’accueil. Elles ne nous remarquent pas, nous avions prit soin de diminuer notre chakra. Ces apprenties ninja médecins ne sont pas assez entraînées pour déceler une énergie en apparence si faible. En sortant de l’établissement, Nakago relâche tout ce qu’il retenait. Le jeune homme aux yeux de serpent détient trop de chakra pour réussir à le canaliser pendant longtemps. De mon côté, c’est différent. J’ai été formé pour ne pas être remarqué, alors je préfère rester discret et retenir tout ce que je peux.
Nous avançons en silence dans cette ruelle sombre. Je repense au plan que Nakago m’avait proposé quelques heures auparavant. Il voulait que mon âme entre dans un autre corps, malheureusement je n’écoutais pas tellement ce qu’il baragouinait. Par conséquent je ne réalisais pas très bien dans quoi je m’engageais. Au dernier moment je me rebiffais et lui balançais que je souhaitais réfléchir avant d’abimer mon cher petit corps si bien entretenu. Le Rot d’Oto était resté bouche bée devant ma réaction étrange. Pourtant, s’il voulait que je sois son cobaye, il fallait que je mette un peu de bonne volonté. Ce que je n’allais pas faire, alors il s’est résigné à me laisser du temps. Après tout, s’il avait besoin d’un chien-chien, il lui restait Black Iris, son fidèle assistant démoniaque.
Une voix suraigüe vient interrompre ma réflexion. Nous étions enfin arrivés devant le palais de l’Hokage, une jeune fille maigrelette gesticulait et criait mon nom.
« Haraaaa ! Haraaaaaa !! Viens viiite !! On est en retard !!! »
Bon sang… Dans une heure elle me passe la corde au cou et m’annonce qu’elle est enceinte si ça continue. J’hésite entre lui gueuler dessus et lui expliquer que MA vie ce n’est pas SA vie ; ou sourire poliment et lui proposer que l’on monte les marches ensemble. J’avance en compagnie de Nakago, je lui lance un regard, et je fixe de nouveau la jeune serveuse. J’opte pour la deuxième proposition. La fille du cuisinier Ichiraku semble dans tous ses états, on ne la tient plus, elle crie, elle est joyeuse et n’arrête pas de dire « je suis si contente d’être avec toi » ou encore « alala ! c’est merveilleux » et « comment tu me trouves ? ». Une veine sur le front ressort, j’ai du mal à me contenir. J’ai l’impression d’être comme cet après-midi devant la chère camarade de ce Kakashi. Si elle ne se tait pas dans cinq secondes il va falloir que j’agisse. Je commence à bouillir, je regrette déjà de l’avoir invitée. J’espérais qu’elle serve à quelque chose, et non qu’elle vienne m’assaillir avec ces questions à la noix. Soudain, Nakago se penche vers moi et me souffle :
« C’est une femme. Elle ne demande qu’à être rassurée sur tes soi-disant sentiments. »
« Tu veux faire psy’ pour couple en crise ? » ai je envie de répondre. Pourtant, ça ne semble pas idiot ce qu’il raconte. De toute façon, elle a décidé de me pomper l’air, alors qui ne tente rien, n’a rien. Ma main droite attrape le bras de la jeune Saya, ma main gauche glisse sur ses reins, je l’oblige à se mettre en face de moi, mes lèvres s’approchent des siennes. Ses joues deviennent écarlates, j’entends presque son cœur battre, mes yeux plongent dans les siens. Seuls quelques millimètres nous séparent. Nakago, lassé, commence à monter les marches. J’attends quelques secondes, et je remarque que sa tête fait un léger mouvement en arrière. Je souris et recule mes lèvres. Nos visages s’éloignent, je lâche doucement son bras, j’avais réussis à créer un malaise, j’avais enfin la paix. Elle se permet à peine de me chuchoter des plates excuses.
« Non mais, ce n’est pas que je ne veux pas, mais, enfin tu... Je... t’es fâché ? Je… je… je suis désolée. - C’est rien, lui dis-je en souriant. »
La montée des escaliers se fait dans un silence digne d’un monastère, j’apprécie cette tranquillité méritée mais éphémère. En effet, une fois arrivé, je vois Nakago complètement figé devant une scène assez… ‘étonnante’. L’homme que j’avais attaqué au déjeuner repose sur le dos d’un gars à la coupe au bol, tout le monde semble agité et Tsunade est à moitié ivre sur une chaise. Il ne manque plus que la petite tarée pour que l’équipe soit au complet. Saya a l’air totalement perdue, elle ne sait pas si je lui en veux, ou si le dîner est normal. J’essaye de la rassurer un petit peu en la regardant gentiment. Après tout, elle s’était faite belle pour l’occasion, sa petite robe rouge en était la preuve. Saya brille de mille feux et ses petites boucles d’oreilles créoles en or scintillent comme deux petites étoiles. Son maquillage est parfait : le mascara lui faisait des longs cils fins, et son rouge à lèvre n’était pas provocant. C’est dommage qu’elle parle autant pour ne rien dire. En se préparant, il semble qu’elle ait oublié quelque chose de primordiale : bien coiffer ses cheveux châtains. J’ai l’impression qu’elle a essayé de faire un chignon élégant, mais quelques mèches rebelles retombent sur les traits creusés de la jeune femme. Je quitte ses yeux noirs pour balayer l’assemblée présente pour le dîner. La table est remplie d’assiettes vides, et des tas de gens parlent fort pour ne rien dire, comme la jeune Saya d’ailleurs… Je préviens Nakago que je vais m’en griller une, et je pars vers le balcon.
L’air frais me fait du bien, et le brouhaha est un peu moins pénible ici. Je constate qu’autour de moi il n’y a pas grand monde. J’avais demandé à Nakago de surveiller Saya, elle pouvait vite devenir gênante à force de parler un peu trop. En faisant plus attention, je vois à ma gauche une petite nana habillée d’une robe bleue légèrement plus longue que celle de la petite serveuse. Cette petite brune semblait esseulée, et surtout très belle. Ça tombe bien, j’ai plus de feu. Je m’approche d’elle, je sors une clope de ma veste et lui demande :
« Dites ma jolie, vous auriez du feu ? »
 Prions pour l'âme de notre soldat inconnu alias "Téki".
| Spoiler: | | | " On ne voit jamais les cons, pour la simple et bonne raison qu'on en est perpétuellement entouré. " R. N.
"Être cave en maudit", pour certains c'est un art de vivre.
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Dernière édition par Yutsuki Hara le Sam 4 Déc - 16:40, édité 2 fois |
|  | | Rukia Namikaze Admin

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 | Sujet: Re: Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] Mer 15 Sep - 16:16 | |
| Un cercle brumeux s’envole, court et s’évapore dans les rues de Konoha. Distraite, elle le regarde voguer au fil des courants d’air ; cette sphère lui rappelait Kakashi. Elle soupire. Sans matière, sans soucis, les deux flottaient au grès du vent sans jamais se soucier des petits tracas quotidiens. Insaisissables, ils se laissaient porter sans remords ni regrets, au grès de la pluie et du beau temps ; inlassablement, ils continuaient leur route sans se soucier de leurs destinations. Le regard perdu, elle passe la tope à ses lèvres. Est-ce qu’il pensait à elle ? Certainement pas : le ciel étoilé est bien plus attrayant aux nuages. Elle passe une main dans ses cheveux, découragée. Elle ne sait plus trop quoi penser du Jônin, ; les sentiments de ce dernier apparaissant subitement pour mieux disparaitre l’instant d’après. La cigarette se consume un peu plus entre ses doigts ; elle retient la fumée dans ses poumons puis, dans un soupir, la regarde s’enfuir vers les nuages. Ce qu’elle aurait aimé vivre comme lui, au jour le jour.
Avec déception, elle constate que son moment de détente touche à sa fin ; déjà, le petit tube blanc lui brûle les doigts et lui demande de l’embrasser une dernière fois. Triste vie que celle d’une tope ; on l’allume doucement, elle s’enflamme, on l’embrasse jusqu’à n’en plus pouvoir... Et on l’écrase sans même la regarder. Elle portait sa meilleure amie à sa bouche quand une voix masculine s’éleva derrière ses épaules. Sa torpeur brisée par les mots doux d’un étranger, elle tourne lentement les talons, décidée à ne pas l’ignorer. Elle dut se rattraper à la rambarde pour ne pas glisser sous l’étonnement. Ses pieds, peut-être un peu trop émus par ces retrouvailles inespérées, avaient subitement décidé de la laisser tomber. Gênée, elle se redresse, le dos appuyé sur la barrière de sécurité et lui tend un petit sourire. Il était là, devant elle et il ne l’avait pas reconnue. Tout comme les autres.
« On dirait bien que je suis ‘tombée sous le charme’… »
Son sourire s’élargit. Le garçon avait bien changé depuis le déjeuner catastrophique du midi même. Il avait revêtu un costume foncé qui faisait ressortir tout le charme qu’il avait si bien caché au cours de leur première rencontre. Méconnaissable, il était beau et calme. Quant à sa voix, elle laissait entendre ce léger accent Iwanais qu’elle n’avait pas perçu aux premiers abords et qui ne faisait qu’accentuer le charme de son propriétaire. L’ensemble de toutes ces petites choses qu’elle n’avait su relever, peut-être par manque de temps ou plutôt par manque d’intérêt, s’avérait être très appréciable. Elle aurait pu tomber amoureuse de ce jeune homme non dépourvu de savoir-vivre. Elle aurait pu apprécier ce caractère fort, cette in-conformité, cet amoureux de tabac ; mais son cœur était bien décidé à résister, à garder une foi inébranlable en Kakashi. Alors, par ce jeune homme elle lui ouvrirait les yeux et peut-être qu’il réaliserait enfin qu’elle ne l’attendrait pas toute sa vie, qu’à un moment elle tomberait dans les bras d’un autre beaucoup plus ambitieux. Ce Shinobi dont la gente féminine ne pouvait pas rester totalement indifférente serait le prétendant parfait qui ferait sortir le Jônin de sa vie contemplative. Son cœur s’accélère, elle ne l’écoute pas. S’il ne réagissait pas, elle laisserait tomber l’affaire et se contenterait de petites aventures sans lendemain. Avec surprise, elle entend une petite voix lui souffler que s’abandonner à cet homme ne pourrait pas être une si mauvaise chose. Puis l’invitée ajouta, comme pour se justifier que c’était certainement la meilleure façon pour faire réagir Kakashi. Elle s’approche du garçon et attrape doucement sa cigarette. Après tout, elle avait attendu seize ans pour n’avoir qu’une très maigre satisfaction niveau sentimental ; il était certainement temps qu’elle pense à elle, qu’elle profite des avantages de son corps. Elle esquisse un petit sourire au jeune homme ; elle préférait même pas imaginer la réaction de son père s’il avait entendu cela.
La main experte, elle approche la cigarette du jeune homme vers la sienne. Au bout de quelques secondes, elle s’embrase timidement. Un sourire amical aux lèvres, la jeune fille la lui rend. Oui, il aurait pu être celui avec qui elle aurait passé sa vie. Une foule de questions, jusqu’alors muettes vinrent s’immiscer dans son esprit jusqu’alors si clair ; et si le garçon n’entrait pas dans son jeu ? Et s’il ne voulait vraiment que du feu ? Oui mais s’il ne voulait qu’un briquet, pourquoi s’être adressé à elle ? Il allait la draguer, c’était certain. Il restait un homme ; il ne dirait pas non à un coup du soir, surtout si celle qui vous le fait comprendre est la cavalière d’un de vos ennemis. Elle jette par dessus le balcon son mégot et demande timidement au jeune homme :
« Excusez-moi mais… Je peux vous demander une cigarette ? »
Elle tend le petit sourire gêné de son nouveau personnage. Si dans la vie elle n’était pas une personne très fine, elle parvenait néanmoins à endosser n’importe quel rôle ; et aujourd’hui ce serait celui de la jeune femme bien éduquée, avec un fort caractère mais dont la vertu semblait, par son éducation, difficile à faire flancher. Comme dans les Liaisons Dangereuses , le garçon essaierait alors de faire se lever cette vertu par mille preuves de bonne éducation. Elle avait alors volontairement choisi un caractère fort pour ne pas ennuyer le garçon avec une trop forte timidité et une vertu à tout épreuve pour l’obliger à donner le meilleur de lui-même. Pour l’obliger à laisser paraitre le meilleur de son éducation devant Kakashi. Et elle, elle l'encouragerait par des signes nets de la fragilisation de sa vertu. Elle n’avait jusqu’alors fait aucune erreur sur le choix de ses personnages.
« Vous n’êtes pas d’ici, n’est-ce pas ? »
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|  | | Yutsuki Hara Admin

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 | Sujet: Re: Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] Jeu 16 Sep - 21:37 | |
| La jeune demoiselle porte ma cigarette éteinte près de la sienne : une légère lueur rouge apparaît, une légère fumée naît et l’odeur de tabac parfume l’atmosphère. J’entame doucement ma friandise brûlante, la fumée s’invite dans mes poumons et en expirant je joue à former des cercles. Je m’appuie un peu plus sur la rambarde, du coin de l’œil je regarde la jeune femme en lui lançant un sourire timide mais complice. Je ne sais par quel maléfice j’ai été piégé, pourtant je sens se tisser un lien invisible entre elle et moi, quelque chose de fort mais imperceptible. Nous sommes à part de ces gens qui nous entourent, je ne les vois plus, je ne les sens plus, c’est comme s’ils n’existaient plus. Ce lien n’a rien à voir avec la haine ou l’amour, c’est plus sensé que cette vision enfantine des relations humaines. C’est un mélange d’inconnu, de mystère, d’amitié et de curiosité. Selon moi, les conditions d’un flirt sans conséquences sont réunies, et je n’ai pas l’impression que ma ‘coéquipière’ soit en désaccord. Mes pressentiments se confirment un peu plus lorsque sa voix s’élève pour me demander une cigarette. Je ne résiste pas à l’envie de la voir consumer une clope, je me tourne pour être en face d’elle et je pose mon coude sur la rambarde. Un léger caractère joueur me pousse à aller chercher le paquet de cigarette, sans quitter ses yeux. Je la contemple, je m’amuse à essayer de la faire rougir. Ma main attrape sa proie, ouvre la victime et lui dérobe un précieux organe, elle sort victorieusement de ma veste. Je détiens ce qu’elle veut, ce qu’elle m’a demandé si gentiment. J’esquisse un sourire malin, et lui montre l’offrande.
« Quelle coïncidence ! C’est ma dernière cigarette, elle vous était réservée. »
J’avoue, pour plaire il faut mentir, mais qui ne le fait pas ? A vrai dire, il m’en restait deux, personnellement je trouve mille fois plus élégant de sortir ce genre de phrase plutôt que : « ouf, il m’en reste une pour plus tard». Si dites ça à une petite nana, ne vous étonnez pas de vous prendre un râteau… J’entre dans son jeu, j’amène la cigarette vers la mienne : elle s’allume. Au moment où je lui tends l’objet, elle me pose une question.
« Vous n’êtes pas d’ici, n’est-ce pas ? »
Ma main touche la sienne durant quelques secondes, le temps de lui donner la clope. Je suis un peu étonné de cette question, mais je le prends comme un réel compliment. Au moins elle sait que je ne suis pas comme ces tarés de villageois de Konoha. On m’avait dit que j’avais un accent, mais de là à le remarquer aussi rapidement… Je me trouve prit de court, une seule solution se dessine dans ces moments : le mensonge.
« C’est vrai je ne suis pas de Konoha, je viens d’Iwa, pour tout vous dire j’accompagne notre Kage à ce dîner. C’est un vieil homme assez petit, notre village préfère viser sur la sécurité. Je suis comme son garde du corps, vous voyez ? »
Je me tourne vers les gens se tenant à l’intérieur du palais, je viens à peine de rétablir un contact avec le ‘monde extérieur’. Je parcours toute la salle d’un regard sévère. Au bout de quelques minutes je trouve ma cible. Je quitte ma cigarette de la bouche, je souffle la douce fumée et j’indique à la jeune femme le Tsuchikage. Je lui explique brièvement qu’il n’est pas très méchant et que surtout, tout le village d’Iwa lui doit un profond respect. Je fus interrompu par une voix criarde, celle de Saya :
« Oh ! Hara ! Je t’ai cherché partout ! Heureusement que tu m’as fait signe sinon je n’au… »
Elle s’arrête de parler au moment où elle croise le doux regard de la dame à la cigarette. En effet, la jeune serveuse avait vu Hara pointer du doigt dans sa direction. Elle était tout juste à côté du Tsuchikage, le jeune homme ne l’avait pas remarqué, mais en montrant du doigt le Kage, Saya avait cru voir un ‘signe de la main’ de la part de son amant. Ce qui expliquait son arrivée soudaine sur le balcon. Ainsi, elle brisait ma rencontre avec… comment s’appelle-t-elle déjà ?
« Attends ma belle, Saya, laisse moi te présenter… comment vous appelez vous, jolie cœur ? »
En entendant ces mots, Saya accordait la couleur de ses joues avec celle de sa robe, l’ensemble formait un corps rouge écarlate. La pauvre petite était blessée par une telle attitude, la jalousie monte en elle à tel point que des larmes viennent embuées le regard profond de la demoiselle. Une larme coule petit à petit sur sa joue creusée. Pendant ce temps, je regarde passivement sa réaction, j’entre dans le rôle d’un biologiste étudiant un phénomène curieux : la jalousie féminine. Je continue à consumer ma douce cigarette. Sans prévenir, Saya se jette dans mes bras. J’ai à peine le temps d’ouvrir les bras pour éviter une brûlure sur son frêle corps. Je ressers l’étreinte tout en sentant quelques larmes couler sur moi. Je me tourne vers sa concurrente et lui adresse un regard presque malicieux. Je lève les yeux au ciel, l’air exaspéré.
« Pardonne-moi, osais-je chuchoter, vu ce qui s’est passé tout à l’heure je croyais que tu voulais que je te laisse tranquille. Je finis ma cigarette et on se parle plus tard, d’accord ? »
Telle une enfant fautive, elle me relâche et hoche de la tête en signe d’affirmation. Derrière, j’aperçois Nakago, je lui lance un regard sévère. Je lui avais demandé de la surveiller, en quoi est-ce compliqué ? Elle part en courant vers la salle de réception. Je passe ma main sur moi, pour essayer d’effacer les quelques traces de larmes enfantines. Nous sommes enfin seuls.
« Finalement je n’ai pas entendu votre réponse, quel est votre nom ? »  Prions pour l'âme de notre soldat inconnu alias "Téki".
| Spoiler: | | | " On ne voit jamais les cons, pour la simple et bonne raison qu'on en est perpétuellement entouré. " R. N.
"Être cave en maudit", pour certains c'est un art de vivre.
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Dernière édition par Yutsuki Hara le Ven 17 Sep - 18:50, édité 1 fois |
|  | | Rukia Namikaze Admin

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 | Sujet: Re: Sais-tu danser la Carioca ? [Terminé] Ven 17 Sep - 16:00 | |
| Le geste élégant, il lui tend sa cigarette allumée. Elle l’accepte ; s’ils avaient pris un mauvais départ le midi même, celui-ci s’annonçait avec un bien meilleur dénouement. Le sourire fin aux lèvres, elle le regarde, l’observe, l’admire ; ce jeune homme au regard brillant avait dû faire tourner beaucoup de têtes parmi ses contemporaines, tout en lui dégageait encore le parfum de ces femmes qui s’étaient abandonnées sans aucune résistance à ses bras. Il savait qu’il plaisait, c’était certain, et il savait merveilleusement bien en jouer. Les femmes devaient être comme la cigarette à ses lèvres ; une friandise, une chose à étudier avant d’allumer. Une fois la qualité approuvée, il les enflammait par ses belles façons, les consumait au fil de la nuit pour ensuite les jeter dès que venait l’aurore. Finalement la cigarette n’était peut-être pas un si mauvais exemple de vie que ça. Leurs regards ne se lâchent pas, il lui offre un regard mielleux ; le décompte de ses victimes devait être impressionnant. Au fond, elle aurait préféré être comme toutes ces femmes, se laisser avoir sans broncher. Mais cela aurait été beaucoup trop simple. Elle ne voulait en rien regretter ce qu’il se passerait par la suite, ni compromettre sa mission, qui, au fil des minutes, devenait de plus en plus lointaine. Bien que l’étranger fût le parfait opposé du Jônin, elle ne pouvait nier une attirance évidente. Se perdrait-elle en jouant le jeu ? C’était parce que le jeu était risqué, qu’elle se permettait de le jouer ; bien que la moindre erreur, le moindre faux pas lui feraient tout perdre, l’animation qu’il mettrait dans sa vie un peu trop morne, en valait la chandelle.
Leurs mains se croisent. Elle prend doucement le présent des doigts du garçon sans le quitter des yeux. La Chûnin lui offre un sourire en coin puis, retire presque à regret sa main de celle du jeune homme. Elle laisse son bras s’abattre gracieusement sur sa hanche et ne dénoue pas le contact visuel. Finalement, la soirée n’était pas si catastrophique ; en plus d’avoir réussi à se faire payer deux cigarettes, elle aurait certainement quelqu’un pour réchauffer son lit ce soir. Elle porte la cigarette à ses lèvres. Alors, elle se rend compte que la main chaude du garçon manquait à la sienne, si froide. Ses pensées s’estompent à la voix du jeune homme ; il dit être garde du corps du Tsuchikage. Alors tout ce mystère pour une place aussi… Commune ? Elle lèvre un sourcil et glisse son regard sur le corps du jeune homme, comme pour confirmer son appartenance au cercle du Kage. Puis, elle esquisse un mince sourire auréolé d’un regard complice ; bien que ses épaules ne soient pas larges et qu’il ne soit pas très baraqué, il devait être un bon ninja. En tout cas ce qui était sûr, c’était qu’il était sacrément bien bâti et que de partager son lit avec ne serait pas bien difficile. Sa mère avait raison ; les ninjas, c’est le mal. Elle l’écoute parler du dirigeant d’Iwa ; visiblement, il ne tarissait pas d’éloges de la part du garçon. Pourtant elle, elle en aurait des choses à dire sur ce Leprechaun, tout comme lui en aurait certainement à dire sur son alcoolique de Kage. L’oreille attentive à ses explications, elle éteint discrètement la cigarette si consciencieusement allumée par le jeune homme ; il était tant de passer aux choses sérieuses.
Une voix stridente interrompt son mouvement ; elle retient une réflexion un peu trop ‘Uzumakienne’ pour son rôle. Au premier coup d’œil, elle reconnait la fille d’Ichiraku ; habillée d’une robe rouge, elle était élégante. Incontestablement, elle avait dû faire beaucoup d’efforts pour être aussi jolie mais ses joues trahissaient les heures passées dans le stand de son père. La petite voix se demande si Kakashi l’avait vue. Une deuxième apparait et affirme que ce n’est désormais plus de leur ressort. Sans se démonter, la Kunoichi adresse un petit sourire amical à cette jeune fille à laquelle elle allait une fois encore, dérober son idéal masculin. Comme pour confirmer cette idée, le jeune homme décide de jouer sur les nerfs déjà fragilisés de la jeune femme. Il était clair qu’à présent sa cavalière ne serait plus qu’un poids pour parvenir à mettre la jolie brune dans son lit ; car il était évident que les deux jeunes personnes n’allaient pas se contenter d’une simple discussion sur un balcon. Alors, sans répondre au jeune homme, elle jette un regard sur la petite serveuse ; ladite Saya, à la provocation du garçon, releva le menton les yeux brillants. Rukia s’appuya un peu plus à la barrière, contemplant le jeu délicat du jeune homme. Il était vraiment fascinant, le salop à l’état pur, le Valmont moderne. Et ça lui plaisait, elle en frissonnait. Plus le temps passait, plus sa raison se faisait muette, étourdie par ce prince qui était tout sauf charmant. Son jeu l’impressionne, elle le regarde faire, se laisse porter par ses mots de Don Juan.
La jeune fille s’éloigne du jeune homme puis retourne dans la salle. Un travail de maître. Elle adresse un sourire en coin au garçon qui semblait être embêté par les quelques larmes restées encrées sur son costume. Alors, il lui redemande son nom. Est-ce qu’elle lui avait déjà donné au stand d’Ichiraku ? Elle était incapable d’en s’en souvenir ; et si elle lui en donnait un autre et qu’une personne l’appelle par son véritable nom ? Elle jette un regard sur la salle illuminée comme pour s’assurer du départ de Saya puis le reporte sur le jeune homme. Sans la moindre hésitation, elle avale par quelques coups de talons la mince distance qui les sépare. Leurs regards se croisent, leurs corps se frôlent ; la jeune fille incline légèrement la tête et fait s’embrasser les deux cigarettes. Sa cigarette jusqu’alors éteinte s’enflamme. Avec toute l’élégance dont elle pouvait faire preuve, la jeune fille souffle la fumée sur son côté droit et lève le visage vers ledit Hara.
« Votre cavalière a l’air tout à fait charmante... »
Elle lui adresse un sourire entendu puis s’éloigne légèrement du jeune homme ; elle-même déteste quand quelqu’un souffle sa fumée dans son visage.
« Je crains que mes parents n’aient pas fait dans l’originalité, Monsieur. Je suis Rukia Heimy June, de la maison des Yuhi. Elle lui tend un petit sourire et continue : Appelez moi simplement June, je n’aime pas mes autres prénoms. »
C’était en voyant passer Kurenai plus loin qu’elle s’était décidée sur son nom d’emprunt. A nouveau, elle porte la cigarette à sa bouche et continue :
« J’espère que vous vous plaisez ici, Monsieur. S’il vous manque quoique ce soit… Le regard brillant, elle s’approche doucement du garçon, un sourire entendu pendu à ses lèvres : …Vous pouvez toujours demander de l’aide à notre Kage. Elle est parfois joviale. »
Elle laisse échapper un sourire franc, loin de la moquerie ; il ne fallait pas qu’il croit qu’elle serait trop facile à attraper et qu’elle était comme toutes ces jeunes femmes fonctionnant seulement avec leurs hormones. Au fond d’elle, là où sa raison persiste à lui crier d’arrêter ce jeu dangereux, elle espère que Kakashi voit la scène. S’il la voyait, peut-être réagirait-il ? Néanmoins, elle n’était plus sûre de vouloir qu’il dise quoique ce soit.
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